Il faut créer son propre marché de la circularité

Lors d'une table ronde sur la construction circulaire organisée par architectura.be, de nombreuses conclusions intéressantes ont été dégagées. Selon Ruben Van Daele, responsable de l'innovation chez Bopro, il y a actuellement dans le secteur de la construction trop peu d'adéquation entre l'offre et la demande de circularité.

 

« La circularité consiste à ramener dans le processus des éléments, des composants et des matériaux au plus haut niveau de valeur possible lorsqu'ils ont atteint la fin de leur vie fonctionnelle ou technique », explique Ruben Van Daele. « Pour cela, il faut idéalement le principe de l'offre et de la demande. Toutefois, si vos produits n'ont pas de propriétés standardisées, ces produits ne sont pas interchangeables et, par conséquent, il n’existera pour eux aucun marché, et donc aucune nouvelle valeur. Les maîtres d'ouvrage ne souhaitent pas investir dans quelque chose qui pourrait ne rien produire. Mais si vous y croyez vraiment, il y a moyen de s'en sortir, en créant soi-même l'offre et la demande. En tant que producteur, vous reprenez vos produits, et en tant que concepteur, entrepreneur ou promoteur immobilier, en standardisant et en augmentant la taille de vos projets. S'il existe déjà un marché standardisé, tel que celui des conteneurs maritimes ou des euro-palettes, par exemple, vous ne devrez pas faire grand chose. Mais ce genre de marché ne se crée pas du jour au lendemain. A ce moment-là, on regarde autour de soi et on ne fait rien ou on prend les choses en main et on joue un rôle de premier plan sur le marché. Chez Bopro, nous optons résolument pour cette dernière solution. »

Des coûts plus élevés

« La construction circulaire est plus chère en ce qui concerne le bâtiment. Mais la réaffectation possible du bâtiment ou la réutilisation des produits et matériaux utilisés est difficile à exprimer aujourd'hui en termes financiers, de sorte que ces effets de retour sur investissement ne sont souvent pas pris en compte », ajoute Eric Van De Heyning de WoodInc, spécialisé dans la construction à ossature bois. « Mais en tant que producteur, nous devons également être conscients que la standardisation et le désir d’approvisionner tous les segments du marché ne vont pas nécessairement de pair. »

Produire circulaire

«La préfabrication implique des coûts fixes plus élevés. C'est également le cas pour les constructions démontables, en raison du nombre d'heures de travail plus élevé en raison de détails plus complexes à gérer. Si vous souhaitez limiter ces coûts, vous devez en compensation limiter les flux de déchets et vous assurer que la simplification et la standardisation génèrent bel et bien des économies (et des profits) d'échelle. D'une part, vous pouvez réutiliser tant que possible les moules pour la préfabrication et, d'autre part, limiter le plus possible le nombre d'opérations différentes à effectuer », conclut Ruben Van Daele.

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