Que doivent faire les pouvoirs publics pour permettre à la construction circulaire de s’implanter ?

Il y a quelques années, Mieke Vandenbroucke a interrogé 66 grandes organisations du secteur de la construction sur les défis et les besoins en matière de construction circulaire et plus spécifiquement orientée vers le changement. Il en ressort que les pouvoirs publics peuvent et doivent jouer un rôle important dans plusieurs de ces défis et besoins.

Il n’était pas certain qu’il y ait dans le grand public une adhésion suffisante à la construction circulaire. On craignait que le ‘commun des mortels’ ait peu conscience de la problématique des matières premières, ce qui rend difficile voire impossible de le convaincre de prendre en compte le cycle de vie de ces matières. Mais les pouvoirs publics pourraient jouer ici un important rôle de sensibilisation.

D’autre part, on a également constaté que la plupart des entreprises n’étaient pas encore prêtes à mettre sur le marché des produits démontables, des bâtiments adaptables et des services circulaires. Les pouvoirs publics ont aussi un rôle à jouer dans ce domaine. Par exemple, il sera nécessaire d’acquérir des connaissances supplémentaires. Une formation technique complémentaire, à la fois pour les actuels et les futurs professionnels du bâtiment, peut s’avérer très utile. L’idée a notamment été lancée de faire de la construction circulaire une partie de la formation de base des architectes.

On a également estimé que beaucoup de choses pourraient être améliorées en termes de partage et de diffusion des connaissances. Actuellement, les informations sur la construction circulaire et orientée vers le changement sont dispersées sur de nombreux documents et divers supports. L’idéal serait de créer une plateforme objective sur laquelle toutes les informations et quelques ‘bonnes pratiques’ seraient rassemblées. Un outil de conception convivial pour les architectes a également été suggéré.

Les principales organisations du secteur estimaient que les pouvoirs publics pourraient également être plus directifs via, d’une part, des subventions et des réductions d’impôts pour les bâtiments circulaires et, d’autre part, des taxes environnementales pour les bâtiments non circulaires.

On a également proposé de créer un cadre juridique pour donner aux producteurs la responsabilité globale sur les possibilités de recyclabilité ou de réutilisation de leur produit, par exemple en exigeant que le producteur reprenne ses produits après utilisation et transforme les déchets en nouveaux produits. Voir aussi cette FAQ.

Mieke Vandenbroucke pense également que les pouvoirs publics devraient adopter une position plus claire en ce qui concerne le patrimoine bâti existant. « Nous ne devons pas considérer nos actifs existants comme un fardeau, mais bien comme un capital de matériaux énorme et précieux. Nous ne pouvons pas uniquement appliquer l’idée d’un bâtiment en tant que banque de matériaux à de nouvelles constructions et encourager ainsi la démolition de bâtiments à l’aide de primes. »

Les pouvoirs publics peuvent également encourager la construction circulaire par la voie d’adjudications et de marchés publics circulaires.

 

Réponse donnée par: Mieke Vandenbroucke (VIBE)

Source:

S. Nakajima and M. Russell, “Barriers for Deconstruction and Reuse/Recycling of Construction Building,” Working Commission W115 Construction Materials Stewardship, Rotterdam, the Netherlands, CIB Publication 397, Mar. 2014.

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